Le 27 juillet, cinq jours après l’activation des Aperçus IA sur google.fr, j’ai publié mes premiers tests et j’ai promis mes vraies courbes sous quatre à huit semaines.
Elles sont là. Mais je ne me suis pas arrêté à mes propres sites : j’ai ouvert les Search Console de l’ensemble du portefeuille, mes sites e-commerce, ceux de Vu du Web, et surtout ceux de nos clients. 61 domaines, 44,7 millions d’impressions Google, 1,33 million de clics. Écoles, collectivités, pharmacies, immobilier, boutiques en ligne.
Et j’ai fait ce que presque personne n’a fait cet été : j’ai rejoué les mêmes fenêtres calendaires sur 2025, sur 50 de ces sites, pour neutraliser la saisonnalité.
Trois résultats, et aucun ne ressemble à ce qu’on lit depuis un mois.
Près de 40 % de la chute de clics n’a rien à voir avec l’IA : elle était déjà là l’été dernier. Ce qui casse pour de bon, ce n’est pas le volume, c’est le rendement, le taux de clic. Et ce rendement ne casse que sur mobile : sur ordinateur, il n’a pas bougé d’un point.
C’est pour moi le sujet de la rentrée. Pas « combien de trafic je perds », mais « combien mon trafic me rapporte encore ».
Le point de départ : AI Overviews en France : mes premiers tests à J+5
La méthode, avant les chiffres
Je préfère annoncer le protocole d’abord. C’est la seule façon de rendre les chiffres discutables donc utiles.
Fenêtres comparées, à durée strictement égale (34 jours) :
- Après : 22/07/2026 → 24/08/2026
- Avant : 18/06/2026 → 21/07/2026
- Contrôle : les mêmes fenêtres calendaires en 2025, à périmètre constant
Source : Google Search Console, type de recherche « Web ». J’ai lu les données dans le rapport Appareils plutôt que dans les compteurs de tête : Google y donne les valeurs exactes, sans les arrondis au millier qui polluent la plupart des études publiées cet été. 4 098 clics, pas « 4,1 k ». C’est aussi ce rapport qui donne le partage mobile / ordinateur, et sans lui je serais passé à côté de l’essentiel.
Panel : le portefeuille compte environ 160 propriétés Search Console. J’ai interrogé 82 domaines distincts. 61 dépassent le seuil de 100 clics sur au moins une des deux périodes, en dessous, on ne mesure rien, on lit du bruit.
| Secteur | Sites | Clics avant | Dont au contrôle 2025 |
|---|---|---|---|
| Éducation / enseignement supérieur | 27 | 231 426 | 21 |
| Collectivités & institutions | 13 | 1 009 258 | 11 |
| Immobilier | 8 | 70 525 | 6 |
| Santé & pharmacie | 8 | 11 530 | 7 |
| E-commerce | 2 | 2 481 | 2 |
| Édition / B2B | 3 | 7 917 | 3 |
Contrôle 2025 : 50 sites à périmètre constant. Quatre ont été écartés pour anomalie annuelle (refonte, migration, site en lancement) : leur variation 2025 dépassait ±50 %, ce qui aurait faussé la référence. Un cinquième n’existait pas encore en Search Console l’été dernier.
Ce n’est pas un échantillon représentatif du web français. C’est un portefeuille d’agence, avec ses biais : très pondéré vers l’enseignement supérieur et le secteur public. Je le confronterai aux 963 domaines mesurés par Ahrefs, et je ne serai pas d’accord avec eux sur tout.
1er résultat : près de 40 % de la chute est saisonnière
Sur les 61 sites, entre les deux fenêtres 2026 :
- Clics : 1 333 137 → 1 091 225, soit −18,1 %
- Impressions : 44,7 M → 41,7 M, soit −6,6 %
- Taux de clic : 2,98 % → 2,62 %, soit −12,3 %
Voilà le genre de chiffre qui fait un bon titre alarmiste. Sauf qu’il mélange deux choses : ce que l’été coûte tous les ans, et ce que les Aperçus IA ont ajouté cette année.
Sur les 50 sites suivis à périmètre constant sur les deux étés :
| À périmètre constant (50 sites) | Été 2025 | Été 2026 | Effet net |
|---|---|---|---|
| Clics | −7,5 % | −19,2 % | −11,7 points |
| Impressions | −1,1 % | −7,2 % | −6,0 points |
| Taux de clic | −6,4 % | −12,9 % | −6,5 points |
L’été 2025 coûtait déjà 7,5 % des clics à ce portefeuille. L’été 2026 en coûte 19,2 %. Près de quatre dixièmes de la chute étaient donc là avant les Aperçus IA. L’écart réellement imputable à ce qui a changé cette année est de 12 points de clics.
C’est beaucoup. Ce n’est pas l’effondrement annoncé. Et si vous ouvrez votre Search Console cette semaine en découvrant −18 %, près de quatre dixièmes de ce chiffre vous seraient tombés dessus de toute façon. Le vrai dégât est ailleurs.
2ème résultat : tout se joue sur mobile
Voilà pourquoi je suis passé par le rapport Appareils. Sans ça, je serais passé à côté et j’aurais même conclu l’inverse.
Les chiffres bruts d’abord, sur les 61 sites :
| Clics | Impressions | Taux de clic | |
|---|---|---|---|
| Mobile | −16,0 % | −2,5 % | −13,9 % |
| Ordinateur | −21,6 % | −12,2 % | −10,7 % |
| Tablette | −10,2 % | +1,7 % | −11,7 % |
Lu comme ça, l’ordinateur semble le plus touché : il perd 22 % de clics contre 16 % au mobile. C’est ce que j’ai cru pendant deux heures.
Puis j’ai appliqué le contrôle 2025. Et le tableau s’inverse.
| Taux de clic, périmètre constant (50 sites) | Été 2025 | Été 2026 | Effet net |
|---|---|---|---|
| Mobile | −5,8 % | −14,9 % | −9,1 points |
| Ordinateur | −9,7 % | −10,6 % | −0,9 point |
Regardez la dernière colonne. Le rendement de l’ordinateur n’a pratiquement pas bougé. Moins d’un point d’écart entre les deux étés : il perdait déjà 9,7 % de taux de clic chaque été, il en perd 10,6 % cette année. Sa baisse de clics est réelle, mais elle vient d’une perte d’exposition, pas d’un changement de comportement.
Sur mobile, c’est l’inverse exact : le taux de clic perdait 5,8 % l’été dernier, il en perd 14,9 % cette année. Neuf points de rendement partis en fumée, et aucune saisonnalité pour les expliquer.
Et c’est logique dès qu’on regarde une SERP mobile. Sur un écran de téléphone, un Aperçu IA ne repousse pas les liens bleus vers le bas de page : il occupe toute la page. L’utilisateur a sa réponse avant d’avoir eu à faire défiler quoi que ce soit. Sur un grand écran, les liens organiques restent dans le champ de vision, à droite ou juste en dessous. La géométrie de l’écran fait tout.
Comme le mobile pèse 59 % des clics du portefeuille, c’est sa mécanique à lui qui décide du résultat global. Et si votre audience est grand public, elle est encore plus mobile que ça.
Si vous n’avez qu’une chose à changer cette semaine dans votre tableau de bord : segmentez-le par appareil. Un taux de clic global mélange deux phénomènes opposés et vous cache celui qui compte.
Source : Google Search Console, 61 propriétés françaises analysées dont 50 avec contrôle 2025, relevés des 26 et 27 août 2026 — Sébastien Vallat.
Santé & pharmacie : le cas d’école du rendement
8 sites : pharmacies , comparateur, vendeur de matériel médical, …. 7 ont un contrôle 2025.
C’est la démonstration la plus pure de tout ce qui précède.
| Santé, périmètre constant (7 sites) | Été 2025 | Été 2026 | Effet net |
|---|---|---|---|
| Clics | −9,3 % | −10,7 % | −1,4 point |
| Impressions | −7,9 % | +7,6 % | +15,5 points |
| Taux de clic | −1,5 % | −17,0 % | −15,5 points |
Les clics ne bougent quasiment pas, un point et demi de plus qu’un été normal. Un directeur marketing qui ne regarde que le trafic ne verra rien. Les impressions explosent de quinze points par rapport à la référence. Et le taux de clic s’effondre de quinze points, alors qu’il était parfaitement stable d’un été à l’autre l’an dernier.
Google montre ces sites beaucoup plus souvent et les fait cliquer beaucoup moins. Le trafic tient uniquement parce que le volume compense la perte de rendement. C’est un équilibre qui ne dure que tant que Google continue d’élargir. Le jour où il arrête, la chute est mécanique et brutale.
Ahrefs chiffre l’exposition du secteur santé à 22,2 %, pour −20,4 % de taux de clic sur ses 963 domaines, c’est le seul secteur qu’ils détaillent chiffres à l’appui. Mon panel santé affiche −19,9 % en brut. À moins d’un point de leur mesure nationale, sur des fenêtres pourtant différentes.
Détail qui vaut le détour : les pharmacies du panel gagnent des clics. Les cinq, sans exception. Une pharmacie de quartier vit du référencement local et de la requête de marque, « pharmacie de garde Toulon », « horaires pharmacie X ». L’Aperçu IA ne prend pas ce terrain. Ce qui s’écroule, c’est le contenu informationnel santé : posologies, symptômes, comparaisons de produits.
Dans un même secteur, l’officine résiste et le magazine santé s’effondre. Ce n’est pas votre domaine d’activité qui décide. C’est le type de page.
Éducation : 27 sites, et les neuf dixièmes du problème étaient déjà là
Mon plus gros bloc, et celui que je connais le mieux, j’ai passé quinze ans dans l’enseignement supérieur avant de fonder Vu du Web.
| Éducation (27 sites) | Variation |
|---|---|
| Clics | −28,9 % |
| Impressions | +1,4 % |
| Taux de clic | −29,9 % |
Moins 29 % de clics avec des impressions stables. Sur le papier, le secteur martyr de l’étude.
Sauf que l’enseignement supérieur a le creux d’été le plus violent de tous : entre la fin des admissions et la rentrée, la demande s’effondre chaque année. Le contrôle, sur vingt et un établissements suivis sur les deux étés :
| Éducation, périmètre constant (21 sites) | Été 2025 | Été 2026 | Effet net |
|---|---|---|---|
| Clics | −25,3 % | −28,9 % | −3,7 points |
| Impressions | −8,0 % | +1,2 % | +9,2 points |
| Taux de clic | −18,8 % | −29,8 % | −11,0 points |
Les neuf dixièmes de la chute des clics étaient déjà là l’an dernier.
Si vous dirigez la communication d’une école et que vous ouvrez votre Search Console cette semaine en découvrant −29 %, respirez. Vous auriez fait −25 % de toute façon.
Ce qui est nouveau tient en deux lignes. Les impressions ne baissent plus (+1,2 % contre −8,0 % l’an dernier : Google montre ces sites davantage). Et le taux de clic perd onze points de plus qu’un été normal. Sur vingt-sept écoles, vingt-six perdent du taux de clic.
Le type de page explique tout, là encore. « Qu’est-ce qu’un bachelor », « différence entre licence et bachelor », « débouchés du master marketing » : une question, une réponse courte, aucune transaction. Le carburant parfait de l’Aperçu IA. Les pages de programme, de campus et de candidature, elles, tiennent.
Collectivités & institutions : la signature inverse
13 sites, le plus gros volume de l’étude, un million de clics avant, 29,5 millions d’impressions après.
| Collectivités, périmètre constant (11 sites) | Été 2025 | Été 2026 | Effet net |
|---|---|---|---|
| Clics | −2,6 % | −17,1 % | −14,6 points |
| Impressions | +2,0 % | −10,5 % | −12,5 points |
| Taux de clic | −4,5 % | −7,4 % | −2,9 points |
Exactement l’inverse de la santé. Ici, le rendement tient : moins de trois points d’écart avec un été normal. Ce qui s’effondre, c’est le volume d’impressions, douze points de plus qu’en 2025. Les collectivités ne subissent pas un problème de rendement. Elles subissent une perte d’exposition en amont. Google les montre moins. Sur ordinateur, leur taux de clic progresse même de 1,8 %.
Ce n’est pas un sujet de rédaction, c’est un sujet de couverture : quelles requêtes ont disparu du radar, et au profit de qui.
Méfiance sur les moyennes de ce secteur : le tourisme et la culture gagnent du trafic en août. Deux sites du panel progressent de plus de 60 % en clics. Les agréger sans contrôle produirait un « les collectivités résistent » aussi faux que le « −29 % » de l’éducation.
Immobilier : le secteur où rien ne bouge
8 sites, dont des marques régionales ou nationales. Six ont un contrôle 2025.
| Immobilier, périmètre constant (6 sites) | Été 2025 | Été 2026 | Effet net |
|---|---|---|---|
| Clics | −11,9 % | −16,1 % | −4,2 points |
| Impressions | −2,1 % | −6,7 % | −4,6 points |
| Taux de clic | −10,0 % | −10,1 % | −0,1 point |
Un dixième de point. L’immobilier a perdu exactement le même taux de clic cet été que l’été dernier.
C’est le secteur épargné de l’étude, et l’explication tient à la nature des requêtes : « location appartement Montpellier 3 pièces », « syndic Béziers », « agence immobilière + nom de marque ». Une intention transactionnelle, locale, avec un besoin d’inventaire à jour. L’Aperçu IA ne sait pas répondre à ça, il ne connaît pas les biens disponibles ce matin.
Notez le taux de clic de ce secteur : 6,28 %, plus du double de la moyenne du panel. Quand quelqu’un cherche un logement, il clique.
E-commerce et édition : peu de sites, signal violent
Je ne maquille pas la faiblesse du panel : deux sites marchands et trois sites d’édition. Des cas, pas des secteurs. Mais les deux ont un contrôle 2025, et il est brutal.
| Effet net sur le taux de clic | 2025 | 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| E-commerce (2 sites) | −2,0 % | −26,7 % | −24,7 points |
| Édition / B2B (3 sites) | −17,1 % | −51,1 % | −34,0 points |
Le cas de mon propre site d’agence est parlant : impressions multipliées par 2,5, clics en baisse de 23 %, taux de clic divisé par plus de trois. Google l’affiche sur un volume de requêtes qu’il ne lui montrait pas avant, à des positions où personne ne clique.
Sur Swiss Ball, mon laboratoire e-commerce, la fracture est interne au domaine : la page magazine sur le ballon de grossesse pour déclencher l’accouchement passe de 539 à 3 366 impressions dans les surfaces IA. Sur le même site, la fiche produit du ballon gris foncé recule de 1 910 à 1 610.
Le contenu éditorial explose dans les Aperçus IA. La fiche produit n’y va pas. Google résume les réponses ; il ne vend pas les produits. En tout cas, pas encore.
Source : Google Search Console, 61 propriétés françaises analysées dont 50 avec contrôle 2025, relevés des 26 et 27 août 2026 — Sébastien Vallat.
Là où je ne suis pas d’accord avec Ahrefs
Je vais être direct, parce que le chiffre en question est repris partout depuis dix jours.
Le 17 août, Ahrefs publiait « 1 mois d’AI Overviews en France et déjà −23,1 % de taux de clics : qui est concerné ? », signé Juliette Begue avec Xibeijia Guan. Le protocole : 963 domaines français pris parmi les mille qui génèrent le plus de clics, données Search Console agrégées, les vingt-huit jours précédant le 22 juillet comparés aux neuf jours suivants. Les sites très exposés, plus de 20 % de requêtes avec Aperçu IA, y perdent 23,1 % de taux de clic, contre un groupe témoin resté sous les 2 % d’exposition.
De cet écart, ils tirent une pente d’environ −0,9 : un point d’exposition aux Aperçus IA coûterait à peu près un point de taux de clic. C’est un chiffre commode (peut-être vrai), il se retient, et il a fait le tour du métier.
Sur mon panel, il ne se vérifie pas.
Sur les dix-huit sites où la Search Console fournit la mesure d’exposition aux surfaces IA, j’obtiens :
- une corrélation entre exposition IA et perte de taux de clic quasi nulle (r ≈ −0,10)
- une pente mesurée à −0,35, soit près de trois fois plus faible que la leur
- en revanche, une corrélation forte entre variation des impressions et variation du taux de clic (r ≈ −0,61)
Les cas extrêmes le disent mieux qu’un coefficient. Le site le plus abîmé de mon panel, près de 70 % de taux de clic perdu, affiche 2,5 % d’exposition IA, l’une des plus faibles. Le site le plus exposé, à 24,9 %, perd près de deux fois moins.
Deux différences de protocole, que je signale avant qu’on me les oppose. Ils mesurent neuf jours après le 22 juillet, j’en mesure trente-quatre , et mes trente-quatre jours descendent jusqu’au fond du creux estival. Ils comparent deux groupes de sites entre eux, très exposés contre témoin, quand je compare chaque site à son propre été précédent. Aucun des deux protocoles n’est meilleur dans l’absolu : ils ne répondent pas à la même question. Ça explique en revanche pourquoi leur médiane est à −8,8 % de clics et la mienne à −24,2 % et pourquoi je me méfie d’une pente établie sur neuf jours.
Une objection honnête, que je me fais moi-même : la corrélation impressions/taux de clic est en partie mécanique, puisque le taux de clic est le rapport des clics aux impressions. C’est vrai. Mais c’est précisément le point. Le dégât ne passe pas principalement par l’encadré affiché en haut de la page. Il passe par l’élargissement du nombre de requêtes sur lesquelles Google vous affiche, dans des résultats classiques, à des positions où personne ne clique.
Deux hypothèses, et je ne tranche pas. Soit le rapport « Fonctionnalités d’IA générative » de la Search Console sous-compte ce qui se passe : il est en bêta, il ne donne que des impressions, et rien ne garantit qu’il capte l’intégralité du Mode IA et des reformulations de requêtes. Soit le mécanisme est plus large que les Aperçus IA eux-mêmes, une refonte de la façon dont Google associe des requêtes à des pages, dont l’encadré n’est que la partie visible.
Sur le fond, nous disons d’ailleurs largement la même chose : leur conclusion est que ce qui décide n’est pas la verticale mais l’intention derrière les requêtes, et c’est exactement ce que montrent mes six secteurs. Leur travail sur 963 domaines reste la meilleure mesure nationale disponible, et dix-huit sites ne l’invalident pas. C’est sur le lien de cause à effet que ça coince, et je préfère le dire.
La conséquence pratique est simple : ne vous rassurez pas avec un chiffre d’exposition IA faible. Le mien était faible. Ça ne m’a pas protégé.
Les limites de ce que je viens de montrer
- 61 sites, ce n’est pas un échantillon représentatif du web français. C’est un portefeuille d’agence, très pondéré vers l’enseignement supérieur et le secteur public.
- Le contrôle 2025 porte sur 50 sites, très inégalement répartis : vingt et un en éducation, onze en collectivités, sept en santé, six en immobilier, deux en e-commerce, trois en édition. Les conclusions sur l’e-commerce et l’édition sont des cas, pas des démonstrations.
- Quatre sites ont été exclus du contrôle pour anomalie annuelle, un cinquième n’existait pas en 2025.
- La position moyenne se dégrade presque partout, et je ne l’exploite pas : quand un site apparaît sur des milliers de requêtes longues où il est mal classé, sa position moyenne se dégrade mécaniquement sans qu’il ait perdu une place sur ses requêtes historiques. La Search Console ne permet pas de séparer proprement les deux.
- Trente-quatre jours, c’est court, et août reste un mois atypique même après contrôle.
Ce que je retient
Changez d’indicateur avant de changer de stratégie. Le volume de clics est devenu un mauvais thermomètre : en santé, il ne bouge pas alors que le rendement perd quinze points. Suivez le taux de clic, segmentez par appareil, et archivez la position moyenne, elle est devenue ininterprétable.
Le mobile est le seul terrain qui a changé. Neuf points de rendement perdus, contre moins d’un point sur ordinateur. Si votre audience est grand public, c’est là que se joue votre rentrée.
La saisonnalité explique près de 40 % de la chute de clics. Comparez chaque site à son propre été précédent, jamais à juillet. C’est la seule base honnête, et c’est aussi la seule qui évite de faire paniquer une direction pour un creux qui revient tous les ans.
La fracture n’est pas entre les secteurs, elle est entre les intentions. L’immobilier ne perd rien, les établissements de santé gagnent des clics, les écoles et les magazines santé s’écroulent. Le point commun des survivants : une requête que la réponse générée ne peut pas clore, un bien disponible, un horaire, un stock, un avis humain. Le point commun des perdants : une question à réponse courte.
Et le paradoxe que j’annonçais à J+5 tient toujours, chiffres à l’appui. On peut être vu, cité, montré davantage qu’avant et repartir avec moins de visiteurs. La citation construit de la notoriété et de l’EEAT. Elle ne remplit pas le panier. Et j’en suis le premier témoin avec mes sites e-commerce où on parle d’un été noir (peut être complété par le contexte économique, la crise, le pouvoir d’achat, la peur de 2027,…)
Ce que je fais dès cette semaine
Je segmente tous les reportings par appareil. Mobile et ordinateur ne subissent pas la même chose ; les agréger, c’est se cacher le problème.
Je trie les contenus par intention, pas par thématique. Une page qui répond à une question factuelle courte part en Aperçu IA et n’en revient pas. Il faut soit la rendre impossible à résumer sans nous, soit assumer qu’elle sert désormais la notoriété et plus le trafic et déplacer l’effort d’acquisition ailleurs.
Je surveille l’écart entre impressions et clics. C’est le signal d’alerte le plus précoce : quand les impressions montent pendant que les clics stagnent, le compte à rebours a commencé, même si le trafic n’a pas encore bougé.
Prochaine étape : un dossier détaillé sur l’enseignement supérieur, type de page par type de page, avec les requêtes qui ont basculé et celles qui résistent. C’est le secteur le plus représenté du panel, et celui où le contrôle 2025 change le plus radicalement la lecture.
Et un nouveau point d’étape fin septembre, quand le trafic sera revenu et qu’on saura enfin ce que les Aperçus IA coûtent en dehors du mois d’août.
Données : Google Search Console, 82 domaines interrogés sur les portefeuilles Vu du Web, LS Factory et sites personnels, 61 retenus (seuil : 100 clics). Relevés des 26 et 27 août 2026. Périodes 22/07/2026–24/08/2026 et 18/06/2026–21/07/2026 ; contrôle 2025 sur les mêmes fenêtres calendaires pour 50 sites à périmètre constant. Valeurs exactes issues du rapport Appareils.
Benchmark : Juliette Begue et Xibeijia Guan, « 1 mois d’AI Overviews en France et déjà −23,1 % de taux de clics : qui est concerné ? », Ahrefs, 17 août 2026 — 963 domaines français, 28 jours avant / 9 jours après le 22 juillet.
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